Esope faisait parler les animaux. Ils tenaient des langages humains. Nos sentiments. nos foucades, nos enchantements, nos exaspérations leurs étaient prêtées.
Puis est venu le grand La Fontaine, Alphonse Karr, Daumier ... mais jusqu'alors. peu avaient habillé les animaux en utilisant seulement leur tête, le corps étant celui d'un humain.
Sylvia Katie-Marquet dispose d'une vaste culture. Elle connaît les maitres du XVème au XVIIIème siècle : Caravage, Dürer, Greuze, Van Dyck, Cranach ... Ils l'inspirent. Ou bien, elle prend des parties de tableaux : un paysage, un intérieur.
L'humour n'est jamais absent. Dans le fameux bain turc de Ingres, de vraies poules (à poil) se prélassent. La Joconde est fanquée d'un sourire bovin.
Evidemment, ce sont les hommes qui sont visés, dans leur bêtise, leur orgueil, leur couardise, leur arrivisme, leur avarice. Ces défauts se lisent aussi dans les étoffes, les dentelles, qui habillent ces prétentieux ou ces délicats.
Il y a donc des degrés dans la peinture de Karle-Marquet.
Vous pouvez prendre l'une de ses œuvres comme elle vient : une jolie image. Le portrait d'un chat par exemple. Puis votre œil glisse sur cette grosse coquille d'escargot dans laquelle s'est logé un chaton. Surréaliste, non? Enfin, le chat somptueusement vêtu semble effeuiller une rose. Et si vous ne comprenez pas, un phylactère tente de vous l'expliquer (ou de vous perdre).
(Sept Jours en Lot-et-Garonne - Mars 2007)